Le guide clair et concret pour les animateurs et animatrices : comprendre, repérer, réagir et protéger, au quotidien, avec un groupe d'enfants.
Le sexisme n'est pas une opinion : c'est un système d'inégalités qui se construit tôt, par de « petites » phrases et des habitudes. Quelques repères issus du Baromètre 2026 du Haut Conseil à l'Égalité.
des 15 ans et plus présentent un sexisme hostile, soit près d'une personne sur six.
adhèrent à un sexisme paternaliste, sous couvert de « protection ». Près d'une personne sur quatre.
des jeunes femmes jugent désavantageux d'être une femme, contre 42 % des jeunes hommes.
des victimes de violences sexistes dans les transports en commun sont des femmes.
Source : Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Baromètre 2026 sur l'état du sexisme en France (enquête Harris Interactive, novembre 2025, 3 061 personnes).
Pourquoi agir tôt, en ACM ? Le rapport 2026 alerte sur la montée des discours « masculinistes », très présents chez les jeunes et diffusés en masse sur les réseaux sociaux. Les enfants et ados que tu encadres y sont exposés. L'accueil de loisirs est un des premiers endroits où on peut déconstruire ces idées, en douceur, par le jeu et l'exemple.
Selon le Conseil de l'Europe, le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l'infériorité des femmes par rapport aux hommes. Il va du plus anodin en apparence (une remarque) au plus grave. Le Haut Conseil à l'Égalité en distingue deux formes.
Une dévalorisation systématique des femmes, de la méfiance à leur égard, parfois la justification de comportements discriminatoires ou violents. C'est la forme la plus visible.
Il se cache sous la « bienveillance » et la valorisation des rôles traditionnels (« laisse, c'est trop lourd pour une fille »). Plus discret, il enferme tout autant dans des stéréotypes de fragilité ou de dépendance.
« Le sexisme ne prend pas toujours la forme d'une insulte évidente. Le plus courant est presque invisible : une attente différente, un rôle distribué d'avance, un mot qui banalise. »D'après la fiche de sensibilisation au sexisme en ACM
Dans un groupe, il prend deux visages. L'un saute aux yeux, l'autre se glisse dans les habitudes. Savoir reconnaître les deux, c'est déjà commencer à agir.
Répétées, elles façonnent l'image que les enfants ont d'eux-mêmes. Les filles, en particulier, grandissent avec des injonctions contradictoires (être douce mais affirmée, belle mais naturelle). Résultat : beaucoup se censurent et doutent.
La bonne nouvelle : un adulte qui réagit, valorise et propose d'autres modèles change vraiment la donne.
Clique sur chaque situation pour découvrir la réponse et le bon réflexe. Pas de piège : l'idée est d'aiguiser ton regard.
Rien de méchant... mais le rôle est distribué d'avance selon le genre. Le réflexe : confier les tâches sans étiquette (« j'ai besoin de 4 personnes costaudes, qui veut ? »), et faire tourner les rôles.
Exclusion genrée claire. Le réflexe : réagir tout de suite, rappeler la règle (« tous les jeux sont ouverts à tout le monde »), et la faire jouer. On recadre le comportement, jamais on humilie l'enfant.
Le sexisme touche aussi les garçons, sommés d'être « forts ». Le réflexe : accueillir l'émotion (« tu as le droit d'être triste »). Notre exemple d'adulte compte plus que tous les discours.
Tu ouvres les possibles et tu casses un stéréotype. C'est exactement un des trois leviers de prévention : agir sur les représentations en proposant des modèles variés.
Astuce : la plupart des situations sexistes sont « invisibles ». Les repérer est la première compétence à muscler.
Le sexisme n’est pas qu’une question d’éducation : certaines manifestations sont des infractions. Trois repères à connaître.
Traiter une personne différemment en raison de son sexe : refuser, exclure, désavantager.
3 ans de prison · 45 000 €Propos ou comportements à connotation sexiste ou sexuelle qui humilient ou intimident (loi du 3 août 2018).
Amende jusqu’à 1 500 €Propos ou comportements à connotation sexuelle répétés, ou une pression grave même unique.
2 ans de prison · 30 000 €Bon à savoir : en tant qu’encadrant·e, tu as une obligation légale de signalement si tu as connaissance ou un doute sérieux sur une violence faite à un mineur (on y revient plus bas).
Pas besoin d’être expert·e. La prévention se joue dans des petits gestes, répétés, sur trois terrains.
Les mots créent la réalité. Le tien donne le ton du groupe.
Casser les stéréotypes en montrant d’autres modèles.
L’organisation envoie un message, même sans mot.
Un moyen mémoire simple pour trouver ta place auprès des mineurs et garantir leur sécurité affective, psychique et physique. Clique sur chaque lettre.
D’après l’outil PROTEGE (CRIAVS Île-de-France / Une Vie, violences-sexuelles.info).
Ne rien dire, c’est laisser croire que c’est normal. Tu n’as pas besoin d’un grand discours : une réaction calme et claire suffit.
Nommer ce qui vient de se passer, sans laisser couler. « Là, ce que tu dis, ce n’est pas ok. »
Questionner plutôt que punir : « Pourquoi ce jeu serait interdit aux filles, à ton avis ? »
S’assurer qu’elle va bien, la soutenir, lui redonner sa place dans le groupe.
Rappeler la règle commune, sans humilier l’enfant fautif. On corrige un comportement, pas une personne.
C’est un moment délicat et précieux. Ta façon d’accueillir sa parole compte énormément. Voici les bons gestes, et ceux à éviter.
Au moindre doute, tu n’as pas à enquêter ni à porter ça seul·e. Tu en parles à ta direction, et tu transmets l’information. Si tu as connaissance ou suspectes une violence sur un mineur, tu dois contacter la CRIP de ton département ou appeler le 119. C’est une obligation légale, pour tous les citoyens.
En cas de danger grave et imminent, appelle d’abord les secours : Police 17, Samu 15, Pompiers 18, ou le 112.
Allô Enfance en Danger (mineurs)
Violences faites aux femmes
Cyberharcèlement des jeunes
Défenseur des droits (discriminations)
Autres ressources : la CRIP et le CIDFF de ton département, le site arretonslesviolences.gouv.fr, et violences-sexuelles.info pour des outils gratuits.
Aborder l’égalité avec les enfants, ça peut être simple et ludique. Une sélection, avec les liens pour aller plus loin.
Suggestions issues de la fiche « Ressources » officielle. Les liens s’ouvrent dans un nouvel onglet (recherche en librairie ou site de l’éditeur).
Coche une réponse par question, puis découvre ton score. Le but n’est pas de te juger, mais de t’aider à repérer ce qui mérite une relecture. Tu peux recommencer autant que tu veux.
1. Le sexisme, selon le Conseil de l’Europe, c’est avant tout...
2. Le sexisme « paternaliste » se cache souvent derrière...
3. Un enfant lance « le foot, c’est pas pour les filles ». C’est...
4. Parmi ces situations, laquelle est un signal d’alerte ?
5. Face à une remarque sexiste dans le groupe, le bon réflexe est de...
6. Lequel fait partie des 3 leviers de prévention au quotidien ?
7. Dans l’acrostiche PROTEGE, « Observable » signifie...
8. Un enfant se confie à toi sur une situation difficile. Tu dois...
9. En cas de doute ou de connaissance d’une violence sur un mineur, tu contactes...
10. Un garçon pleure pendant l’activité. La bonne attitude :
« Un·e animateur·rice qui réagit, valorise et propose d’autres modèles change vraiment la donne. Tu es, pour beaucoup d’enfants, un repère qui compte. »
Le meilleur affichage ne remplace pas une équipe sensibilisée. Programme un temps d’échange avec tes collègues à partir de ce guide, et garde les numéros utiles visibles dans ta structure. C’est ça, faire vivre la prévention au quotidien.
Sources : fiches de sensibilisation au sexisme en ACM ; Haut Conseil à l’Égalité (Baromètre 2026) ; France Enfance Protégée (119) ; outil PROTEGE (violences-sexuelles.info). Cet article est un support de sensibilisation et ne remplace pas une formation ni un avis juridique.
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Je suis Xavier, diplômé d’état de la jeunesse et des sports.
J’ai créé un guide pratique pour améliorer l’apprentissage de vos enfants tout en s’amusant
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