Prévention · Protection de l'enfance

Prévenir le sexisme et les violences sexistes et sexuelles en accueil collectif de mineurs

Le guide clair et concret pour les animateurs et animatrices : comprendre, repérer, réagir et protéger, au quotidien, avec un groupe d'enfants.

Lecture ~ 5 min Définitions, repères, réflexes Conforme à la Charte ACM 2024
L'état des lieux

Un sujet de société qui commence dès l'enfance

Le sexisme n'est pas une opinion : c'est un système d'inégalités qui se construit tôt, par de « petites » phrases et des habitudes. Quelques repères issus du Baromètre 2026 du Haut Conseil à l'Égalité.

0%
≈ 1 sur 6

des 15 ans et plus présentent un sexisme hostile, soit près d'une personne sur six.

0%
≈ 1 sur 4

adhèrent à un sexisme paternaliste, sous couvert de « protection ». Près d'une personne sur quatre.

0%
Femmes75%
Hommes42%

des jeunes femmes jugent désavantageux d'être une femme, contre 42 % des jeunes hommes.

0%
9 sur 10

des victimes de violences sexistes dans les transports en commun sont des femmes.

Source : Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Baromètre 2026 sur l'état du sexisme en France (enquête Harris Interactive, novembre 2025, 3 061 personnes).

Pourquoi agir tôt, en ACM ? Le rapport 2026 alerte sur la montée des discours « masculinistes », très présents chez les jeunes et diffusés en masse sur les réseaux sociaux. Les enfants et ados que tu encadres y sont exposés. L'accueil de loisirs est un des premiers endroits où on peut déconstruire ces idées, en douceur, par le jeu et l'exemple.

Comprendre

C'est quoi, le sexisme ?

Selon le Conseil de l'Europe, le sexisme est une idéologie qui repose sur le postulat de l'infériorité des femmes par rapport aux hommes. Il va du plus anodin en apparence (une remarque) au plus grave. Le Haut Conseil à l'Égalité en distingue deux formes.

Le sexisme hostile

Une dévalorisation systématique des femmes, de la méfiance à leur égard, parfois la justification de comportements discriminatoires ou violents. C'est la forme la plus visible.

Le sexisme paternaliste

Il se cache sous la « bienveillance » et la valorisation des rôles traditionnels (« laisse, c'est trop lourd pour une fille »). Plus discret, il enferme tout autant dans des stéréotypes de fragilité ou de dépendance.

« Le sexisme ne prend pas toujours la forme d'une insulte évidente. Le plus courant est presque invisible : une attente différente, un rôle distribué d'avance, un mot qui banalise. »D'après la fiche de sensibilisation au sexisme en ACM

Au quotidien

Le sexisme ordinaire, chez les enfants

Dans un groupe, il prend deux visages. L'un saute aux yeux, l'autre se glisse dans les habitudes. Savoir reconnaître les deux, c'est déjà commencer à agir.

Le sexisme visible

  • Des insultes genrées : « t'es une fille », « fais pas ta chochotte ».
  • L'exclusion explicite d'un jeu ou d'une activité.
  • Des moqueries sur ce qu'« un garçon » ou « une fille » a le droit de faire.

Le sexisme invisible

  • La répartition automatique des rôles (les garçons portent, les filles décorent).
  • Des attentes différentes selon le genre, sans s'en rendre compte.
  • Des stéréotypes glissés dans le langage des adultes.

Les signaux d'alerte dans ton groupe

« C'est pour les filles » / « c'est pour les garçons ».
Un même groupe qui monopolise toujours une activité ou l'espace.
Des enfants qui refusent une activité sans même essayer.
Des moqueries genrées qui reviennent, comme une habitude.
Des adultes qui répartissent toujours les tâches de la même façon.
Une enfant qui se met en retrait, se censure, « n'ose pas ».
L'impact

Ces « petites » phrases laissent des traces

Répétées, elles façonnent l'image que les enfants ont d'eux-mêmes. Les filles, en particulier, grandissent avec des injonctions contradictoires (être douce mais affirmée, belle mais naturelle). Résultat : beaucoup se censurent et doutent.

  • Perte de confiance en soi et syndrome de l'imposteur.
  • Anxiété, stress, parfois troubles plus graves.
  • Des choix d'activités et d'orientation bridés par les stéréotypes.

La bonne nouvelle : un adulte qui réagit, valorise et propose d'autres modèles change vraiment la donne.

On teste

Sexiste, ou pas ? À toi de juger

Clique sur chaque situation pour découvrir la réponse et le bon réflexe. Pas de piège : l'idée est d'aiguiser ton regard.

Sexisme invisible

Rien de méchant... mais le rôle est distribué d'avance selon le genre. Le réflexe : confier les tâches sans étiquette (« j'ai besoin de 4 personnes costaudes, qui veut ? »), et faire tourner les rôles.

Sexisme visible

Exclusion genrée claire. Le réflexe : réagir tout de suite, rappeler la règle (« tous les jeux sont ouverts à tout le monde »), et la faire jouer. On recadre le comportement, jamais on humilie l'enfant.

Sexisme · et ça vient de l'adulte

Le sexisme touche aussi les garçons, sommés d'être « forts ». Le réflexe : accueillir l'émotion (« tu as le droit d'être triste »). Notre exemple d'adulte compte plus que tous les discours.

Pas sexiste, au contraire

Tu ouvres les possibles et tu casses un stéréotype. C'est exactement un des trois leviers de prévention : agir sur les représentations en proposant des modèles variés.

Astuce : la plupart des situations sexistes sont « invisibles ». Les repérer est la première compétence à muscler.

Le cadre légal

Ce que dit la loi française

Le sexisme n’est pas qu’une question d’éducation : certaines manifestations sont des infractions. Trois repères à connaître.

Discrimination

Traiter une personne différemment en raison de son sexe : refuser, exclure, désavantager.

3 ans de prison · 45 000 €

Outrage sexiste et sexuel

Propos ou comportements à connotation sexiste ou sexuelle qui humilient ou intimident (loi du 3 août 2018).

Amende jusqu’à 1 500 €

Harcèlement sexuel

Propos ou comportements à connotation sexuelle répétés, ou une pression grave même unique.

2 ans de prison · 30 000 €

Bon à savoir : en tant qu’encadrant·e, tu as une obligation légale de signalement si tu as connaissance ou un doute sérieux sur une violence faite à un mineur (on y revient plus bas).

Prévenir

3 leviers concrets, au quotidien

Pas besoin d’être expert·e. La prévention se joue dans des petits gestes, répétés, sur trois terrains.

01

Le langage

Les mots créent la réalité. Le tien donne le ton du groupe.

  • Bannir « fais pas ta fille », « c’est un truc de garçon ».
  • Parler au féminin ET au masculin, nommer les métiers au féminin.
  • Reprendre, sans dramatiser, les phrases sexistes des enfants.
02

Les représentations

Casser les stéréotypes en montrant d’autres modèles.

  • Des héroïnes et des héros variés dans les histoires et les jeux.
  • Valoriser les filles costaudes, les garçons sensibles.
  • Mettre en avant des sportives, des scientifiques, des artistes.
03

Les espaces et les pratiques

L’organisation envoie un message, même sans mot.

  • Pas d’activité « réservée » à un genre, jamais.
  • Faire tourner les rôles et les responsabilités.
  • Veiller au partage de l’espace (qui occupe la cour ?).
Ta posture

L’acrostiche PROTEGE : 7 repères pour une relation juste

Un moyen mémoire simple pour trouver ta place auprès des mineurs et garantir leur sécurité affective, psychique et physique. Clique sur chaque lettre.

PPrévenante
Ren Réseau
OObservable
TTemporisée
Eà l’Écart
GGratuite
EÉgalitaire

D’après l’outil PROTEGE (CRIAVS Île-de-France / Une Vie, violences-sexuelles.info).

Réagir

Face à une situation sexiste, en 4 réflexes

Ne rien dire, c’est laisser croire que c’est normal. Tu n’as pas besoin d’un grand discours : une réaction calme et claire suffit.

1

Réagir tout de suite

Nommer ce qui vient de se passer, sans laisser couler. « Là, ce que tu dis, ce n’est pas ok. »

2

Faire réfléchir

Questionner plutôt que punir : « Pourquoi ce jeu serait interdit aux filles, à ton avis ? »

3

Protéger la personne visée

S’assurer qu’elle va bien, la soutenir, lui redonner sa place dans le groupe.

4

Recadrer le groupe

Rappeler la règle commune, sans humilier l’enfant fautif. On corrige un comportement, pas une personne.

Protéger

Si un enfant se confie à toi

C’est un moment délicat et précieux. Ta façon d’accueillir sa parole compte énormément. Voici les bons gestes, et ceux à éviter.

À faire

  • Accueillir sa parole avec bienveillance et calme.
  • L’écouter, le laisser s’exprimer avec ses mots à lui.
  • Le rassurer et le valoriser d’avoir osé parler.
  • Respecter ses silences, ne pas le presser.

À ne pas faire

  • Le bombarder de questions fermées ou d’un interrogatoire.
  • Remettre sa parole en question ou interpréter ses propos.
  • Le culpabiliser (« pourquoi tu n’as rien dit avant ? »).
  • Promettre ce que tu ne pourras pas tenir (« je n’en parlerai à personne »).

Le signalement : une obligation, pas un choix

Au moindre doute, tu n’as pas à enquêter ni à porter ça seul·e. Tu en parles à ta direction, et tu transmets l’information. Si tu as connaissance ou suspectes une violence sur un mineur, tu dois contacter la CRIP de ton département ou appeler le 119. C’est une obligation légale, pour tous les citoyens.

119Allô Enfance en Danger
Gratuit, 24h/24 et 7j/7, anonyme
Pour préparer ton appel au 119, si possible :
  • Nom, prénom et date de naissance de l’enfant.
  • Son adresse ou son département, ou à défaut son établissement scolaire.
  • Sa situation familiale (avec qui il vit, sa fratrie...).

En cas de danger grave et imminent, appelle d’abord les secours : Police 17, Samu 15, Pompiers 18, ou le 112.

Garder sous la main

Les numéros utiles

119

Allô Enfance en Danger (mineurs)

3919

Violences faites aux femmes

3018

Cyberharcèlement des jeunes

3928

Défenseur des droits (discriminations)

Autres ressources : la CRIP et le CIDFF de ton département, le site arretonslesviolences.gouv.fr, et violences-sexuelles.info pour des outils gratuits.

Pour animer

Des ressources prêtes à l’emploi

Aborder l’égalité avec les enfants, ça peut être simple et ludique. Une sélection, avec les liens pour aller plus loin.

Suggestions issues de la fiche « Ressources » officielle. Les liens s’ouvrent dans un nouvel onglet (recherche en librairie ou site de l’éditeur).

À retenir

Le mémo de l’animateur·rice

Ma check-list prévention (clique pour cocher)

Teste-toi

Le quiz de l’animateur : 10 questions

Coche une réponse par question, puis découvre ton score. Le but n’est pas de te juger, mais de t’aider à repérer ce qui mérite une relecture. Tu peux recommencer autant que tu veux.

1. Le sexisme, selon le Conseil de l’Europe, c’est avant tout...

2. Le sexisme « paternaliste » se cache souvent derrière...

3. Un enfant lance « le foot, c’est pas pour les filles ». C’est...

4. Parmi ces situations, laquelle est un signal d’alerte ?

5. Face à une remarque sexiste dans le groupe, le bon réflexe est de...

6. Lequel fait partie des 3 leviers de prévention au quotidien ?

7. Dans l’acrostiche PROTEGE, « Observable » signifie...

8. Un enfant se confie à toi sur une situation difficile. Tu dois...

9. En cas de doute ou de connaissance d’une violence sur un mineur, tu contactes...

10. Un garçon pleure pendant l’activité. La bonne attitude :

0/10

« Un·e animateur·rice qui réagit, valorise et propose d’autres modèles change vraiment la donne. Tu es, pour beaucoup d’enfants, un repère qui compte. »

Fais-en un temps d’équipe

Le meilleur affichage ne remplace pas une équipe sensibilisée. Programme un temps d’échange avec tes collègues à partir de ce guide, et garde les numéros utiles visibles dans ta structure. C’est ça, faire vivre la prévention au quotidien.

Sources : fiches de sensibilisation au sexisme en ACM ; Haut Conseil à l’Égalité (Baromètre 2026) ; France Enfance Protégée (119) ; outil PROTEGE (violences-sexuelles.info). Cet article est un support de sensibilisation et ne remplace pas une formation ni un avis juridique.

guide pratique mon enfant fait du sport

Bienvenue

Je suis Xavier, diplômé d’état de la jeunesse et des sports.

J’ai créé un guide pratique pour améliorer l’apprentissage de vos enfants tout en s’amusant

EN BONUS  des idées d’activités sportives

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